30 ans d’engagements, un nouvel élan pour rebondir

1 mars 2026

Catégorie : Vie associative

Le Haricot-Maïs du Béarn est une légumineuse unique en France : cultivée depuis le XVIe siècle dans les vallées béarnaises à l’ombre du maïs tuteur, sans herbicide, récoltée à la main, elle présente la particularité de se consommer aussi bien en frais qu’en sec. Il y a 30 ans, face à la quasi-disparition de la production, une poignée d’agriculteurs et de restaurateurs décident de sauver ce patrimoine gastronomique et créé l’Association des Producteurs de Haricot-Maïs du Béarn. Alors que la filière fait face à des difficultés majeures de production remettant son existence en question, l’association se projette dans l’avenir à l’occasion de son anniversaire.


Vente à la ferme des Haricots-Maïs du Béarn

A Lescar – le 27 février 2026 – « Nous avons choisi d’y croire », affirme Sophie Dupouy, la présidente de l’association à l’occasion des 30 ans de la filière, poursuivant « le Haricot Maïs du Béarn a un avenir malgré la série de cinq années difficiles que nous subissons et qui menacent notre production. ». Produit typique du territoire reconnu pour sa qualité gustative et sa double commercialisation en frais et en sec, le Haricot-Maïs du Béarn est cultivé aujourd’hui par 17 producteurs. En effet depuis 2020, l’impact croissant des aléas climatiques fragilise les exploitations : épisodes de chaleurs entraînant l’avortement des fleurs, apparition de nouveaux ravageurs tels que les punaises …

Un rebond porté par un élan collectif

Face aux difficultés, l’association engage plusieurs chantiers simultanés pour assurer l’avenir de la filière. Un GIEE émergence (Groupement d’Intérêt Économique et Environnemental) reconnu par le ministère de l’Agriculture rassemble, à ce jour, 5 producteurs pour expérimenter collectivement les adaptations climatiques : comparaison d’espacement de mise en culture, essais de piégeage des punaises, espace test pour la sélection de la semence, visite des parcelles par une animatrice. Un projet de mécanisation mutualisée de la récolte en sec est également à l’étude pour compenser la disparition progressive de la main-d’œuvre familiale. Enfin, un projet de structuration de la conservation des semences fermières est engagé, pour garantir l’indépendance génétique de la filière sur le long terme.

« Nous sommes fiers de continuer à écrire notre histoire et résolument déterminés à préserver la production. Les décisions prises renforcent l’accompagnement que nous pouvons proposer en particulier auprès des nouveaux producteurs, que nous accueillons chaque année et que nous accompagnons dès leur installation par un système de parrainage et un réseau technique solide », explique Sophie Dupouy.

 Un avenir certain

Côté marché, la situation est encourageante : la demande des consommateurs et des restaurateurs dépasse la production. Le Plan National Nutrition Santé qui a rehaussé ses recommandations en légumineuses, offre un contexte favorable à une légumineuse aussi singulière que le Haricot-Maïs du Béarn. Riche en vitamines B1, B2, B3, B6 et PP, composé de protéines, fibres, glucides et oligoéléments, il cumule les atouts nutritionnels. Enfin, les restaurateurs locaux soutiennent ce patrimoine gastronomique à l’instar du chef Olivier Nicoleau du restaurant l’Arraditz, qui était là dès le début en 1994 et a accueilli l’association pour ses 30 ans.